Transport et logistique
L’Afrique de l'Ouest se heurte à deux écueils majeurs dans le transport des produits agricoles par voie routière par delà les frontières : les tracasseries routières (le trop grand nombre de points de contrôle et d’arrêts et les exigences de pots-de-vin) d’une part, et la défaillance de l’infrastructure et des opérations logistiques, d’autre part. Les principales activités du projet visant à résorber ces écueils consistent à enregistrer les cas de tracasserie routières, à former les camionneurs et les commerçants à leurs droits et responsabilités et à travailler avec les organisations professionnelles des chaînes de valeurs à faire du plaidoyer en faveur du respect des règles et règlements commerciaux de la CEDEAO et de leur application.
Dans le cadre des chaînes de valeurs de l’USAID ATP, le suivi des tracasseries routières le long des principaux axes de transport des chaînes de valeurs de l’oignon/échalote, du bétail/viande et du maïs fournit des données instructives qui complètent le travail effectué par le projet West Africa Trade Hub de l’USAID pour l’Afrique de l'Ouest et l’Organisation du corridor Abidjan-Lagos financé par la Banque mondiale (ALCO). L’effort combiné de ces trois projets donne une image globale et offre une plateforme de plaidoyer pour dénoncer les tracasseries le long des axes routiers en Afrique de l'Ouest.
Parmi les produits de nos trois chaînes de valeurs, l’oignon est le seul transporté quotidiennement par camions par delà les frontières et a, ainsi, fait l’objet d’une documentation extrêmement détaillée. Le transport du bétail ruminant se fait sur une base à peu près hebdomadaire ; le commerce intra-régional de maïs est pour l’essentiel saisonnier. Ainsi, les données sur l’oignon constituent-elles des données de référence pour comparer la situation du bétail et celle du maïs.
Les paiements illégaux sont extorqués aux camionneurs et aux commerçants soit lorsque ceux-ci n’ont pas connaissance des réglementations, soit lorsqu’ils ne s’y conforment pas – ou lorsque les autorités choisissent de les ignorer même quand ils les connaissent et s’y conforment. Les paiements aux 100 km sont semblables pour l’oignon et le maïs. L’oignon est plus périssable que le maïs, mais les commerçants et les transporteurs d’oignon ont bénéficié d’un encadrement sur une période plus longue afin de minimiser les versements de pot-de-vin. Aucun encadrement analogue n’a encore été assuré aux transporteurs de maïs.
À l’inverse, le commerce de bétail ruminant subit des paiements de pot-de-vin trois fois plus importants que ceux de l’oignon ou du maïs eu égard au risque considérable de perte de revenu par les commerçants quand les animaux périssent ou perdent du poids faute d’approvisionnement en aliments ou en eau pendant les longs retards. En conséquence, ils sont plus prompts à verser des pots-de-vin plus élevés afin d’atténuer ce risque.
Grâce à cette stratégie de documentation, d’éducation et d’encadrement, nous avons cependant réduit de 17 % au total les paiements illégaux le long de l’axe commercial de l’oignon/l’échalote long de 1328 km (environ 825 miles) reliant Kantchari, au Burkina Faso (à la frontière avec le Niger) à Accra, au Ghana. En outre, pour la seconde édition annuelle de « l’Opération Tabaski Ghana », au cours de laquelle 2500 moutons ont été transportés dans huit camions sur une distance de 1070 km de Fada N’Gourma, au Burkina Faso, pour être vendus à Accra dans le cadre de la « Fête annuelle musulmane du sacrifice », les paiements illégaux ont été réduits d’environ 480 dollars par camion en 2009 à zéro dollar en 2010.


